
Titre: Héros
Dans ce travail, dans cet entêtement sur le rouge, qu’advient-il de ma peinture ? Obstination stérile, nouvelle voie, impasse créative… Je ne peux être juge, car je suis trop « dedans », impliqué jusqu’au cou. J’attends le verdict du temps, ces quelques mois qui séparent la réalisation et le contentement du couperet de la désillusion. Ce juge – moi-même, les autres – a besoin de recul. En attendant, la peinture se poursuit à travers des toiles de différentes dimensions, telles des chapitres d’un livre en construction. Comme l’écrivain aux prises avec ses personnages, j’ai l’impression de ne plus être totalement libre de mes mouvements, embarqué dans une aventure par un héros invisible qui n’en fait qu’à sa tête. Il a voulu cette grande toile, ce vaste espace pour mieux s’exprimer. Qu’à cela ne tienne, je lui offre. Je me soumets. C’est dans la logique des épisodes précédents, alors je ne peux me dérober parce que la cohérence de mon propos dépend de ma capacité à résister à la tentation des chemins de traverse qui ne mènent nulle part. Je poursuis, je le suis, pour lui, pour moi, pour ma peinture. Mon héros m’en fait voir de toutes les couleurs, malgré son obstination pour le rouge. Un héros, après tout, en dépit de son talon d’Achille, n’est-il pas immortel ?
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