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![]() Titre: Emotion
Dans les commentaires sur la peinture, sur les motivations du peintre, c’est sans doute le mot « émotion » qui revient le plus souvent. Partage, recherche, transmission des émotions, tel est le leit-motiv des rapports entre l’artiste et son public. L’usage en est si systématique que cette émotion en vient à perdre toute substance. A bien y regarder, de quoi s’agit-il ? La contemplation d’une toile a-t-elle jamais fait pleurer, rire, engendrer la tristesse, l’espoir, conforter l’espérance ? Est-elle susceptible de procurer, comme le fait la musique de façon instantanée, des sensations physiques de bien-être, des vibrations de l’âme – des sentiments qui envahissent l’être et le transportent dans un autre monde ? La peinture est muette, immobile. Elle est sèche, rude, distante. Et pourtant, parfois, elle résonne, à travers ce que nous appelons maladroitement la beauté, dans tout notre être.Ce qui est en jeu à ce moment-là, il me semble, n’est plus du ressort des manifestations de sentiments de bien-être, ni même d’un état de félicité indiscible. Si la peinture nous touche, c’est qu’elle déclenche l’émotion primordiale, celle liée à la question de notre propre existence, celle qui se rattache à notre perception du temps qui passe, à la fugacité du bonheur, à la quête perpetuelle du sens de notre vie. J’en suis convaincu, un simple paysage, avec ses ombres et ses lumières, ses couleurs, lorsqu’il rencontre l’âme sœur, ne suscite plus l’émotion : il est l’émotion même. (huile sur toile, 130 x 97 cm, avril 2007) Retour à l'index des archives |
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