
Titre: Légèreté
Le dessin dans la nature est un défi particulier. Le regard est confronté à une profusion de formes, à la fois de larges volumes (une étendue d’eau, une rangée d’arbres) et de menus détails (une branche qui pend au dessus de la rivière, la silhouette d’un peuplier dans le lointain). Les aplats ne sont pas possibles, les masses doivent être suggérées, les contours précis sélectionnés. Pour rendre la densité des choses, il faut, et ceci au sein d’une angoissante contradiction, élaguer en permanence le paysage restitué. Ce massif d’arbres qui s’avance sur l’eau dans la partie gauche du dessin était prégnant et massif devant moi. Pourtant il est « rempli » de blancs. Sur le papier, cette présence doit s’équilibrer avec la non moins massive étendue d’eau qui absorbe la lumière et réfléchit les ombres. Ces formes envahissantes devaient être domptées, remises à leur place. Parce qu’à ce moment de la matinée, c’est la légèreté, l’insousiance, le temps arrêté qui m’envahissaient. J’ai cherché – non pas chercher en fait, ce fut une évidence - à traduire à travers cette multitude d’encoches et de traits ce sentiment de plénitude légère qui emplissait mon âme. Si ce dernier vous est restitué, alors j’aurai fait les bons choix.
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