Vitrail
Vitrail. A plus d’un titre. D’abord la lumière, qui inonde peu à peu le tableau. Ensuite les forts contrastes, tels que l’on peut en voir entre les plaques de lumière des vitraux et l’ossature de plomb qui les enchâsse. Enfin le désordre apparent, l’effet global touffu, indiscernable, qui frappe d’abord le regard. Le détail, la construction, l’explication, s’il en faut une, viendront plus tard. Ce désordre apparent de l’abstraction est souvent perturbant. Il y a désordre parce que rien n’est reconnaissable, rien n’est rangé dans des armoires connues. Les formes sont à peine identifiables : carrés, rectangles. Mais pourtant la place de chacune participe d’une partition d’ensemble.
Partition, parce qu’ici, pour moi, la peinture est une musique. Comme il y a les couleurs d’un orchestre (donnée par chaque intensité de chaque instrument), j’y vois ici un ensemble musical ou chaque couleur joue sa partition, pour parvenir à l’équilibre du tout. Du pianissimo au forte, le rouge s’allie ou écrase le jaune, qui se fait discret puis tonitruant. Ce vitrail, pour moi, résonne comme un requiem dans une cathédrale gothique. (huile sur toile, 100 x 100 cm, 2006)
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