
Titre: Un jardin
Un jardin à Joinville le Pont, un après-midi de septembre, quelques heures de travail et de concentration. La peinture sur le motif, en plein-air, est une vieille tradition dans les beaux-arts. Les praticiens les plus connus, les Impressionnistes, ne représentent que le bout d’une longue chaîne de prédécesseurs. Dès le début du XVIIème siècle, des peintres ont laissé des traces de cette activité si exigente, si proche de l’essence même de la peinture. Une fois l’idée du tableau établie, une course contre la montre s’engage. Rares sont les oeuvres abouties en l’espace d’une séance devant le motif : elles sont soient achevées lors d’une seconde séance, soit peaufinées à l’atelier. Le temps presse, et la rapidité est de mise. Ce couperet de la lumière qui passe pousse l’artiste dans ses retranchements. Une foison de choix doit être faite dans l’urgence, tant en terme de couleurs que de dessins. Des zones du tableau seront laissées à l’écart, sinon abandonnées, mal-traitées. La gestion du frais sur frais, de l’application de la peinture à l’huile sur une couche qui la précède non sèche impose des mélanges sur la toile, et non plus sur la seule palette. La hiérarchie même des formes représentées n’est pas assurée. Les effets de la lumière font varier tant les formes que les couleurs des ombres. Peindre sur le motif c’est capter l’éphémère, l’inscrire sur la toile, non pas dans une pose photographique, mais à travers une relativement lente élaboration.
Une contradiction même qui enrichit l’intention du peintre de paysage : le temps, plus que l’espace, y est interprété.(huile sur toile, 65 x 50)
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