
Titre: Emotion torride
Pourquoi peindre ? L’acte de peindre est une quête. Non pas celle de soi (qui suis-je), mais celle de la nature de la relation que l’artiste entretient avec les autres et le monde qui l’entoure. Son « être » dans le monde, c’est finalement ce qu’il cherche à communiquer à son semblable, avec son medium particulier. Une façon, une raison de vivre qui ne dévoile pas tout de lui, mais une large part de ses sentiments, de ses émotions. S’il parvient à toucher l’âme de l’autre, quel bonheur ! Souvent ce but n’est atteint que par l’explication, le commentaire, et c’est dommage. Bien sûr l’on peut analyser, décortiquer, parfois même au delà de ce que l’artiste lui-même a voulu dire. Mais l’acte essentiel reste celui du partage, de la contagion de l’émotion. Un cri d’admiration, une contemplation muette, plus qu’un long discours, seront la récompense de l’artiste. Pourquoi chercher à comprendre lorsque sans raison précise, identifiable, l’œuvre vous touche, vous envahit d’une plénitude rare.
Dans ce tableau de novembre, en décalage avec les couleurs du temps, j’ai peint autour de deux états d’âmes. Une certaine quiétude, qui se traduit par un fonds lisse, dégradé de jaune et rouge. Puis un moment de débauche de couleurs et d’énergie, très physique, qui m’a donné le tournis.
Avec votre permission, je citerai Kandinsky : « Le rouge, tel que l’on se l’imagine, comme couleur sans frontière, typiquement chaude, agit intérieurement comme une couleur très vivante, vive, agitée, qui n’a cependant pas le caractère insouciant du jaune qui se dissipe de tous côtés, mais donne l’effet, malgré tout son énergie et son intensité, de la note puissante d’une force immense presque consciente de son but ». Si ma toile a pu ne serait-ce qu’effleurer ceci, alors… (huile sur toile, 100 x 100 cm, 2006).
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